TENDRE LA MAIN

 

 

Quand le ciel est bleu et que les nuages vaporeux volent bien haut au-dessus de ma tête.  Quand l'oiselle sur la branche se transforme en soprano pour me charmer.  Quand les sourires fleurissent comme des fleurs écloses pour m'offrir leur beauté.  Oui!  Quand tout se fait charme et délectation, il m'est alors facile de maquiller mon visage d'un sourire prenant sa source au fond de mon coeur palpitant.  La sérénité ressentie me fait facilement entrer en contact avec tout l'amour qui m'habite et il est alors si facile de distribuer tout l'amour et le bonheur ressentis en moi.  Je reçois tellement que je donne sans compter.  Mes mots d'encouragement se font baume pour la souffrance des autres et le partage est joie! 

 

 Mais, hélas!  Il y a des minutes difficiles à vivre.  Elles ressemblent à des heures soupirées.  Des moments où le coeur me débat à m'en faire si mal que la gorge me serre et que je recherche mon souffle en haletant.  Un poids énorme pèse comme une pierre lourde sur mon plexus brûlant.  L'impression d'être dans un tunnel obscur et sans fin m'empêche d'avancer.  La peur devient maîtresse de mes pensées et de mes actes.  Les larmes se tiennent sur le bord de mes paupières et les écluses sont prêtes à ne plus pouvoir retenir ce flot de peine qui m'empêche de garder la tête hors de l'eau...  Comment pourrais-je nager si mes bras sont engourdis et que le boulet de la mésestime m'attire vers le fond du puit si profond?

  C'est à ce moment que je fais fi de l'orgueil et de mes sursauts de fierté mal-placée pour tendre la main!  J'ose me déshabiller, mettre à nu mes inquiétudes et je demande aux bonnes personnes de m'apporter l'oxygène dont j'ai tant besoin.  À quoi me servirait de m'enfoncer de plus en plus dans le sable mouvant cherchant à m'engloutir?  Qu'est-ce que cela me donnerait de me refermer comme une huître et de faire semblant que tout va bien quand je souffre de tant d'insécurité?  Un ami, un médecin compréhensif, une entrevue avec une personne habilitée à m'aider peut faire toute une différence.  Oui!  Il est important que je tende ma main pendant qu'il est encore temps avant de sombrer dans la neurasthénie!

 

Personne ne peut savoir tout ce que je ressens au fond de moi si je ne parle pas.  Rien ne me sert de leurrer les autres et surtout de me leurrer moi-même.  La santé mentale est très exigeante et il faut savoir l'entretenir!  Tendre la main pour se faire aider et épauler c'est agir pour son plus grand bien.  Une peine dite est déjà amoindrie.  Si j'ai le nez collé à un mur de pierre...  ma vision est très restreinte et le découragement n'est jamais loin!  Me dire à l'autre c'est me libérer d'une partie de mes peurs. 

En tant qu'épouse et mère, j'ai longtemps écouté et je me suis oubliée.  Maintenant que je suis presque seule...  je me dois de faire un effort pour demander à mon tour d'être épaulée...  Ces anges dans ma vie vont m'aider à persévérer et à compter les bénédictions dont ma vie est encore parsemée malgré les apparences...

 

Tendre la main vers l'autre c'est être authentique et franche.  C'est demander à Dieu de me prendre dans ses bras pour m'aider à traverser une période désertique.  C'est voir le beau en toi, en l'autre pour en extirper ce que vous voudrez bien m'offrir avec un coeur si généreux!

Angéla Davis a écrit:  "Les murs renversés deviennent des ponts."...  Aide-moi à faire tomber mes murs et je pourrai traverser le pont qui me fait si peur et ainsi t'inviter à venir me rejoindre afin que nous le traversions à deux!

 

Jovette Mimeault

12 février 2003

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