L'ASSUÉTUDE

 

 

La recherche de nouvelles expériences ou le soulagement rapide de l'angoisse emmènent l'humain à se réconforter en répétant des gestes répétitifs ou compulsifs pour endormir le malaise qui le fait tant souffrir.

 

 

L'alcool, la drogue, les médicaments, le jeu, la sexualité débridée, les troubles alimentaires ou la dépendance affective peuvent apporter un réconfort et un soulagement à court terme.  Mais, à la longue ces dépendances ne suffisent plus à adoucir la vie.  C'est alors que la frustration fait naître la colère et le ressentiment.  Le mal-être devient chronique et souvent la dépression profonde fait son apparition.  La personne devient acculée au pied du mur.

 

 

DANGER!!!

 

 

 

C'est quoi l'assuétude?

Nous entendons souvent dire que l'alcoolisme, la toxicomanie, la dépendance aux jeux ou la dépendance affective sont des maladies.

 "Je ne suis pas responsable d'une maladie", pense la personne atteinte d'un comportement déficient.  Ce concept est bien plus un facteur de déculpabilisation,  qu'une certitude scientifique ou médicale .  De plus en plus,  la "dépendance" est considérée comme un problème de style de vie gravitant autour de la surconsommation de produits psychotropes ou autres dépendances reliées à la personnalité.

Cette habitude apprise (et non innée) vise à pallier aux difficultés de la vie et à l'absence de satisfaction chez l'individu, par le biais d'un amenuisement des capacités de ce dernier à faire face aux événements de sa vie et à se procurer, autrement que par le psychotrope, un plaisir réel.

Prenons deux personnes différentes.  Quelles sont leurs attitudes face à la vie ?

L'un des deux se sent responsable de sa vie.  S'il vit une situation difficile, il recherche de l'aide et il est prêt à tout faire pour s'en sortir.  Il veut retrouver son bien-être intérieur, sa sérénité et sa liberté.  Il veut garder le contrôle en ayant la tête froide et les idées claires même si cela n'est pas facile.  Il veut demeurer "maître de sa vie".  Il fait un premier pas dans sa démarche et il cueille et accueille tous les conseils et les messages de la vie, des gens et des évènements.

 L'autre personne, par contre, est incapable de tolérer l'angoisse existentielle. Tous les moyens sont bons pour ne pas faire face aux événements. Il a tellement  peur du changement. Il éprouve certaines craintes devant les évènements et son angoisse s'amplifie.  Il est incapable de traverser le pont de son désespoir existentiel.  Il a une attitude passive face à la vie.  Il fuit en prenant tous les moyens mis à sa disposition et il ne veut pas se responsabiliser et faire des efforts.  Il ne veut pas s'investir dans son développement personnel.  Il se fige dans ses idées et ses concepts de vie en gelant ses émotions.  Il se renferme, baisse les bras en espérant qu'une autre personne va lui apporter la solution sur un plateau d'argent.  Il démissionne et s'engourdit.  Son attitude souvent "infantile" le mène alors dans un cul-de-sac : une idéale image de soi impossible.

Souvent, il se complaît à passer pour une "victime".  Trouvant un certain plaisir à consommer ou à "vampiriser" les autres, il trouve ainsi un bon moyen de se déculpabiliser.  Je dis souvent que ce genre de personne souffre de la maladie de "S'TA CAUSE". 

 

-  S'ta cause de mon père!

-  S'ta cause de ma mère!

-  S'ta cause de mon ou ma coinjointe qui ne comprend pas!

-  S'ta cause que c'est héréditaire!

 

 

Si une personne devient obsédée par ses propres dépendances tissées au fil du temps, elle devra alors changer son fusil d'épaule et faire l'effort nécessaire pour se sortir de ce bas-fond serti d'épines et de chardons.  Elle devra viser à relever la tête pour trouver une lueur d'espoir et guider ses pas vers la lumière du soleil de la paix intérieure qu'elle a fuit en se terrant ou en se regardant le nombril avec apitoiement.

 

Je vous raconte donc une petite histoire pour que vous compreniez mieux le cercle de l'assuétude.  J'ai écrit cette historiette en juin 1999.  C'était un travail demandé par le professeur durant mon cours pour devenir intervenante auprès des alcooliques et des toxicomanes.  Voila donc que je vous raconte qu'il était une fois...  dans une contrée lointaine un......

 

 

PETIT TROT DEVENU GRAND GALOP

 

 

Petit Trot était un jeune poulain fringuant mais timide.  Depuis le jour de sa naissance, il trouvait paix et sécurité auprès de sa mère.  Il l'a suivait partout à travers champs et collines.  Il se collait à ses flancs et se délectait de son lait chaud et onctueux.  Dès qu'il avait faim...  sa mère s'arrêtait et l'invitait d'un coup de tête à s'accrocher à sa mamelle.  Comme le vent était doux!  La brise lui apportait des odeurs de foins coupés, d'espaces à conquérir.  Il était heureux tant que sa maman était là.

 

  Même les gouttes de pluie étaient pour lui une caresse et quand le vent se faisait plus violent...  le corps de sa mère l'abritait et le protégeait.  Doucement, il devint adolescent puis jeune adulte.

 

Un matin de juin, le propriétaire du ranch s'avança vers lui et sa mère.  Il avait une drôle de corde dans les mains.  Sa mère frémit pour son petit car elle savait que c'était un lasso.  Elle acceptait tout de même qu'il était temps de laisser galoper son petit devenu grand.  À la grande surprise de Petit Trot, l'homme enroula cette corde autour de son cou et même s'il ne voulait pas quitter sa mère...  il dû avancer et suivre cet homme, maître de son destin.  Il était maintenant temps pour lui de quitter sa mère et de vivre sa propre expérience de vie.  Craintif de nature,  c'est à partir de cet instant que Petit Trot devint "soucieux" plutôt qu'"insouciant"!

 

 

Il y eu une période d'apprentissage puis quand il devint assez docile, son maître le vendit à un homme appelé Jean-Marie le Laitier.  Celui-ci était bon mais Petit Trot devait maintenant "gagner sa pitance" en tirant une charrette emplie de bouteilles de lait brinquebalantes.  N'ayant pas accepté de "grandir" dans son corps et dans sa tête, il se renferma sur lui-même. 

 

Que de bruits inconnus!  Des enfants qui criaient, des bruits perçants, des rires éclatants le faisaient trembler d'anxiété!  Il prenait le mord aux dents dès qu'un bruit le faisait sursauter...   Son nouveau propriétaire lui installa donc des oeillères pour le sécuriser.

 

 

 À partir de ce jour Petit Trot devint plus calme car il regardait juste devant lui.  Son regard était rivé car cela le sécurisait de ne voir que le paysage devant lui.  Mais, son regard était fixe et ses yeux si doux étaient comme deux miroirs reflétant sa désespérance.  Oui!  Il "gagnait son foin" mais la rancoeur et le ressentiment se logeait lentement au fond de son coeur. 

 

 Le macadam sur lequel il avançait était loin de lui apporter la douceur du champs d'herbes qu'il avait foulé de ses sabots depuis son arrivée dans ce monde!  Incapable de se délester des souvenirs du passé...  il devint mélancolique.  Il n'oubliait pas le regard si doux de sa mère et il s'ennuyait d'elle.

 

  Il fit tout de même preuve de patience et il se créa son propre monde, sa propre bulle.  Durant le jour, il vivait comme un robot et le soir il se gavait de foin odorant déposé dans son auge.  Le seul bonheur, son leitmotiv...  c'était de se régaler à la fin de sa journée...  Manger, manger jusqu'à se faire enfler la panse et à souffrir de coliques!  Est-ce du mot "colique" que vient l'adjectif "mélancolique"?  Lui le pensait en tous les cas!

 

 

Dix ans passèrent!  La routine était toujours présente.  Piteux le jour.  Rassuré et engourdi le soir par tout le foin avalé et l'eau pure ingurgitée!  BOULOT, FOIN, EAU, DODO, BINGO!

 

Il entendait souvent des hennissements joyeux venant de quelque part.  Cela le rendait encore plus renfermé et triste car les souvenirs de son enfance remontaient à la surface.  Il enfouissait alors ses naseaux dans le fond de sa chaudière, ne relevant surtout pas les yeux craignant de se faire mal au coeur...  Il avait si mal!

 

 

Un beau soir d'été, n'en pouvant plus de se contenter d'une vie si monotone...  il osa relever la tête et suivre le rayon du soleil qui s'infiltrait dans le bâtiment.  Il s'aperçut alors que la porte de sa stalle était entrouverte.  À petits pas craintifs, il se rendit jusqu'au bout du corridor de l'écurie...  Là où le soleil s'infiltrait. 

 

 Cette lueur provenait de la grande porte ouverte sur un champs d'avoine.  Il croyait rêver!  À sa grande surprise, il reconnut des compagnons d'enfance.  Il retrouva même celle qui lui avait donné la vie...  Il n'osait pas y croire!

 

Par la suite, il apprit  que ses amis travaillaient aussi.  À la différence de lui, ceux-ci se donnaient rendez-vous dans le champs à tous les soirs, depuis des années,  pour jouer, gambader et se partager l'expérience acquise durant la journée.  Petit Trot, à son grand regret, c'était renfermé sur lui-même et il avait fait de l'apitoiement sur le sort qu'il croyait être le seul à subir.

 

 

Timidement, il s'avança.  Il se dit en lui-même:

 

-  J'ai été "BÊTE À MANGER DU FOIN" mais après tout, il n'est jamais trop tard pour bien faire!

 

  Il ne voulait plus de sa vie de "dépendant" triste et dépressif.  Donc, cela valait bien la peine de dépasser ses peurs et de tout faire en son pouvoir pour retrouver la candeur de son coeur enjoué de poulain!

 

À partir de cette prise de décision PETIT TROT devint GRAND GALOP!

 

-  FIN  -

 

 

 

 

Voici une petite histoire toute simple pour expliquer qu'une nouvelle façon de vivre et de penser peut s'offrir à toi et enfin te faire débarquer du cercle vicieux et infernal de la dépendance.  Toi seul (e) peut décider de trouver de nouveaux outils, des solutions adéquates pour marcher dans de nouveaux sentiers.  Chaque personne possède son propre trousseau de clés ou du moins à le pouvoir d'aller à la rencontre d'un bon "serrurier" qui saura l'aider à se libérer de la geôle où la personne s'est si longtemps enfermée.

 

RESPECT, EMPATHIE, OUVERTURE D'ESPRIT ET NON-JUGEMENT sont les qualités inhérentes à cet "aidant" qui fera de toi un "aidé" satisfait et responsable dorénavant de ton propre bonheur!

 

 

JE TE SOUHAITE UN GRAND CHAMPS À PARCOURIR AU GRAND GALOP!  UNE OUVERTURE SUR TOI ET SUR LES AUTRES ET DU SOLEIL SUR TA VIE!  IL SUFFIT DE LEVER TES YEUX VERS LE SOLEIL ET DE D'OUVRIR LA GRANDE PORTE DE LA BÉATIDUDE!

 

Jovette Mimeault

12 juillet 2002

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