L'amour est enfant
de bohème et parfois il s'installe dans un endroit inattendu.
Un terrain défendu de passer par les bien-pensants. Je ne parle
pas ici de la femme qui s'amuse à prendre au filet le coeur
papillonnant de l'homme marié. Je parle de celle dont le coeur
débat pour l'homme marié qui ne veut ou ne peut casser les liens
avec sa femme légitime.
Cette
femme, appelée L'AUTRE, ne choisit pas toujours de vivre cette
situation mais son coeur reste fidèle à l'homme aimé malgré la
solitude vécue. J'aurais pu être cette "autre femme"
mais j'ai refusé. Déjà, j'avais eu si mal et je ne m'en
sentais pas la force et le courage. J'ai tout de même du
respect pour cette femme et je couche sur la page ce que je ressentais
quand je me suis rendue compte que l'homme qui me plaisait n'était
vraiment pas prêt à quitter sa relation pourtant boiteuse et qu'il
préférait se vautrer dans le fauteuil de l'ennui plutôt que d'agir
et de prendre son bonheur en mains.

L'AUTRE FEMME
Je suis celle
appelée "l'autre femme". Celle qui n'a pas le beau
rôle. La sorcière qui transforme tout et que l'on déteste
même si l'on ne connaît pas le fond de son coeur.
Je suis sa
"fée des étoiles" en attente de son Père Noël.
Je suis celle qui
distribue des parcelles de plaisir qu'il attrape au vol avant de
s'échapper à nouveau sans savoir quand il reviendra.
Je suis le jouet
oublié sur la tablette après l'heure de fermeture de la boutique.
Je suis celle qui
ne vit que pour l'appel quotidien qui saupoudra de la douceur sur sa
vie de solitaire en attente d'un prince qui ne s'approche pas souvent
pour la réveiller d'un doux baiser.
Je suis jolie
comme une poupée ancienne bien installée sur le dessus du lit.
Je fais un sourire mais mes cheveux reçoivent peu souvent la caresse
de sa main. Ma robe n'est pas fripée et ma crinoline
non-retroussée.
Je suis celle qui
attend dans l'antichambre. Celle qui entre peu souvent dans la
chambre à coucher. Je suis draps froissés et frissons à se
rappeler.
Je n'ose pas
parler, je n'ose pas le forcer. Oui, les mots se bloquent dans
ma gorge et mon coeur débat à force de se battre contre ce destin.
Je suis celle qui
attire et qui transforme l'épouse en martyre.
Je suis l'objet de
ses pensées mais c'est avec la "vraie" qu'il est couché.
Je suis l'âme en
perdition qui fait perdre la raison.
Je suis la
mendiante de tendresse et je me sens appauvrie.
Je suis la larme
ravalée pour ne pas le déranger.
Je suis celle qui
doit taire son angoisse et se montrer forte malgré ses tremblements
de frayeur.
Je suis celle qui
ne sait rien de l'avenir. Celle qui ravale et qui soupire!
Je suis un
printemps en attente et un ciel bleuté durant l'été.
L'automne est
monotone et l'hiver me fait grelotter!

QUI SUIS-JE?
JE SUIS ATTENTE ET
ESPÉRANCE!
Cette "autre
femme" peut être ta voisine ou celle que l'on appelle la
célibataire endurcie. Elle peut porter le voile et jouer un
rôle effacé. Elle garde précieusement son secret et on dit
d'elle qu'elle est discrète ou timide. Parfois, on n'ose pas
lui parler car son semblant d'indépendance semble la faire vivre dans
sa bulle cristallisée.
Ne dit-on pas que personne ne peut mesurer, pas même les poètes,
tout ce que peut contenir le coeur? Alors, avant de juger il
vaut mieux remercier d'être accompagné(e) par un compagnon ou une
compagne que l'on peut présenter. À quoi bon lever le
nez?
Il faut
aussi se rappeler que lorsque l'on crache en l'air cela peut nous
retomber sur le nez!!! Personne n'est à l'abri et jamais rien
n'est acquis! La plupart du temps, nous ne voyons pas les choses
comme elles sont mais plutôt nous les interprétons...
Je veux donc
rendre hommage à L'AUTRE FEMME dont le coeur est esseulé.
Cette tendre compagne qui est là pour apporter douceur et beauté à
un homme dont elle est incapable de se séparer. Cela le rend
infidèle mais pour lui elle est fidélité. Souvent la larme
déborde et elle frissonne d'anxiété. Dès que le téléphone
sonne, elle accourt et son coeur semble s'arrêter de battre.
Elle vit souvent de la déception mais ses sentiments font qu'elle ne
peut abandonner cet homme qu'elle n'arrête pas d'espérer...
Eileen Caddy a
dit:
CE QUI EST BIEN
POUR UN ÊTRE NE L'EST PAS FORCÉMENT POUR UN AUTRE. ON DOIT
DONC RESTER FIDÈLE À SES CONVICTIONS ET PARFOIS POSER DES GESTES
ÉTRANGES AUX YEUX D'AUTRUI.

Jovette Mimeault
24 décembre 2002
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