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L'APIT DU TI-PIT
Pauvre "petit pit" qui gazouille tristement! Lui aussi voudrait bien se régaler du ver le plus long et le plus dodu... Lui aussi voudrait nicher dans une belle petite maisonnette... Mais, il ne fait pas l'effort d'aller à la chasse et dans son envolée autour du seul arbre qu'il ose quitter pour débattre ses ailes ankylosées ... il ne remarque que ceux qui sont plus choyés que lui!
Ses plumes se gonflent d'envie en voyant la prestance de son voisin de branche... il compare son plumage et la longueur de ses ailes... Cependant, dans le temps qu'il s'apitoie sur son triste sort... il ne se rend même pas compte que ses ailes poussent et se parent de belles plumes colorées!
Il se compare. S'attriste et dépérit à vue d'oeil. Son regard ne se pose que sur les branches plus feuillues que la sienne. Il ne songe même pas à changer de branche pour aller se poser sur une autre! Juste à penser à se construire un nid et il est déjà à bout de souffle! Pourquoi faire le troubadour auprès de l'oiselle au risque de se faire repousser d'un battement d'aile? Pourquoi se donner le trouble d'être un parent quand le paysage qu'il voit est si attristant? Pourquoi prendre le risque d'être dérangé par des oisillons qui s'envoleront trop vite du nid douillet? Pourtant, il enviera ceux qui verront leurs petiots sortir de leurs oeufs craquants!
Quand l'automne arrivera... Il n'osera pas prendre le départ pour un pays plus chaud... C'est bien trop inquiétant de survoler tant de champs et de rivières! C'est aussi bien éreintant de se tenir face aux vents!
Quand tous ces compagnons seront partis se faire "bronzer la falle" au soleil... Il se sentira abandonné et il pleurera sur sa solitude. Il se désolera sur la tombée des feuilles, sur les caprices des vents tournants et sur le froid mordant! Il sera tellement occupé à penser à ses tourments... qu'il ne verra pas s'approcher le chat gourmand!
Cela m'est arrivée souvent de m'excuser en disant que je n'avais pas le temps pour rendre un service. Oui, souvent j'ai perdu des minutes précieuses à me dire que le bonheur c'était pour les autres, que la chance ce serait chez le voisin qu'elle arriverait car je manquais de confiance en moi. Je me suis maintes fois rendue compte que j'étais un appât pour plus rusé que moi!
AUJOURD'HUI... Je croque dans la vie plutôt que de m'apitoyer sur mon petit moi. Je me sers de mes outils pour solidifier ma vie. Pauvre "petit pit"... c'est bien dommage qu'il n'ait pas choisi l'optimisme pour agrémenter sa vie... il aurait pu ainsi ne pas servir de "pitance" à un animal plus hardi!
Jovette Mimeault 2001 Tous droits réservés.
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