LE JARDIN FLEURI

 

Chapitre 1

 

Il faisait un temps superbe ce matin-là.  Le soleil brillait de mille feux et les oiseaux se faisaient la cour.  Le gros chat noir du voisin s'étirait langoureusement.

 

À St-Lin cependant, pas le temps pour Carolle de regarder les petits oiseaux.  En effet, aujourd'hui était un jour un peu spécial.  Les deux enfants, Laurent, qui avait tout juste 5 ans, et Simon, l'aîné qui avait 7 ans...  devaient se faire opérer pour les amygdales.  Oh!  Elle savait bien que ce n'était pas une grave opération mais quand même.  De savoir que ses pauvres petits allaient souffrir la mettait dans tous ses états.  Bon, où donc avait-elle rangé les cartes d'hôpital des enfants?  Ah, oui, dans le premier tiroir de la commode.  Et puis, il ne fallait surtout pas oublier des vêtements de rechange au cas où!

 

 

Les enfants, où sont les enfants?  Il ne fallait surtout pas qu'ils mangent ou boivent quelque chose, ils devaient absolument être à jeun.  Elle se mit à leur recherche et finit par les retrouver dans leur chambre.  Christian finissait de les aider à s'habiller.

 

-  Allez, les enfants, il faut "tarpir", non non, je veux dire partir, on a "vendez-vous" à "l'hôtipal", ah zut de zut, grouillez-vous bon!

 

 

-  Voyons Carolle, calmes-toi un peu.  Tout va bien aller, tu vas voir.  Le temps de le dire et on sera tous de retour à la maison, la rassura Christian.

 

-  Tu as raison, je suis un peu nerveuse mais je dois me contrôler sinon les enfants vont le ressentir.  Je pense que je vais m'apporter un peu de lecture dans l'auto, ça me changera les idées.

 

 

Après s'être assurés une dernière fois qu'ils n'avaient rien oublié, la petite famille se mit en route pour l'hôpital.

 

Carolle regardait la route fixement.  Elle n'arrivait pas à se concentrer sur son livre et ne pouvait s'empêcher de penser à l'opération.  Elle avait un drôle de pressentiment, non!  Elle avait l'impression que quelque chose allait se produire mais ne pouvait l'expliquer.  Il valait mieux ne pas en parler à Christian.  Elle ne voulait surtout pas l'importuner avec ses états d'âme.  Pauvre Carolle, c'était une grande émotive!  Elle le savait bien, mais ce n'est quand même pas toujours facile d'arriver à contrôler ses émotions.

 

 

-  Maman, je dois aller faire pipi, pleurnichait Laurent.

 

-  Mais mon chéri, tu es allé juste avant de partir de la maison.  Et nous serons arrivés dans très peu de temps.  Tu peux sûrement patienter?

 

 

-  Non, non, je ne peux pas attendre.  Ça presse.

 

-  Bon, bon, nous allons nous arrêter à la prochaine station-service, lui dit son papa.

 

 

Une dizaine de minutes plus tard, ils purent reprendre la route.  Il fallait se dépêcher si on ne voulait pas arriver en retard.

 

CHAPITRE 2

 

Voilà maintenant deux heures qu'ils attendent qu'on vienne chercher les enfants.  Mais bon sang, pourquoi est-ce si long?  Finalement, une infirmière se présenta et, après leur avoir expliqué ce qui allait se passer, les enfants furent dirigés vers la salle d'opération.

 

Carolle regarde les minutes défiler à l'horloge.  Que c'est insupportable cette attente!  Déjà une heure qu'ils sont partis.  Ils devraient déjà être de retour.  Et s'il y avait un problème?  Et si on osait pas leur dire?  Elle commençait à paniquer.

 

 

-  Christian, on devrait peut-être demander à l'infirmière si tout va bien.  Il me semble que c'est bien long.

 

-  Mais non, ne t'en fais pas, je suis sûr qu'ils vont revenir d'une minute à l'autre.

 

Carolle tournait en rond comme une lionne dans sa cage, prête à exploser à la moindre provocation.

 

 

Puis, elle vit apparaître deux civières.  Laurent et Simon étaient semi-conscients.  Sur le visage de Simon, de petites larmes coulaient.  Carolle lui caressait les cheveux et le consolait du mieux qu'elle le pouvait.  Non, elle ne devait pas pleurer.  Elle devait être forte.

 

Trois heures plus tard, ils eurent enfin l'autorisation de retourner à la maison.  L'infirmière leur expliqua en détails les soins à apporter aux enfants, en leur recommandant de bien surveiller tout symptôme anormal.

 

La maison, quel bonheur d'être de retour à la maison!

 

 

Carolle descendit de l'auto et prit l'un des enfants dans ses bras tandis que le papa s'occupait des deux autres.

 

Mais, mais, mais.........  QUI EST LE TROISIÈME ENFANT???

 

 

CHAPITRE 3

 

Toute la famille était regroupée autour du petit garçon aux cheveux couleur de blé qui se tenait au milieu du salon.  Ses grands yeux couleur d'azur et son sourire angélique lui donnaient une apparence quasi irréelle.

 

Carolle lui prit tendrement la main.

 

-  Dis-moi, comment t'appelles-tu?

 

 

Le petit garçon la regardait d'un air confiant mais ne répondit pas.

 

-  Tes parents doivent être très inquiets de t'avoir perdu!

 

Toujours pas de réponse.

 

-  Pourquoi nous as-tu suivis?

 

Aucun son ne sortait de sa bouche.

 

 

Carolle regardait Christian et ne savait plus quoi penser.  Après quelques minutes, Christian prit la situation en main:

 

-  Bon, la première chose à faire, c'est d'avertir la police.  C'est sûr que ses parents doivent être morts d'inquiétude à l'heure qu'il est.  Aussitôt dit, aussitôt fait.

 

-  Maman, est-ce que Gabriel peut venir jouer avec nous en attendant?  demanda Simon.

 

-  Il t'a dit qu'il s'appelait Gabriel?

 

-  Non, mais étant donné qu'on ne sait pas comment il s'appelle, j'ai pensé qu'on pourrait l'appeler Gabriel.  Je trouve que ça lui va bien!

 

-  Bon d'accord mon chéri, vous pouvez aller jouer tous les trois dans ta chambre en attendant que l'on tire cette histoire au clair.  Mais surtout, essayez de ne pas trop parler, vous savez que le médecin vous a dit de ménager votre voix.

 

 

Simon et Laurent, ravis, entraînèrent Gabriel à leur suite.

 

Vingt minutes plus tard, deux agents de police sonnèrent à la porte.  Carolle les fit entrer.

 

-  Alors, vous avez retrouvé ses parents?

 

-  Non madame, nous avons émis un avis dans toute la région, mais aucun enfant n'a été rapporté disparu.

 

-  Mais, c'est impossible voyons.  Il a à peine 5 ou 6 ans!

 

Je vous répète madame qu'aucun enfant n'a été rapporté disparu mais il se peut que ses parents ne s'en soient pas encore aperçus, pour une raison ou une autre, répliqua l'agent.

 

 

-  Mais que va-t-il arriver à cet enfant alors?  demanda Christian.

 

-  Nous allons l'emmener au poste avec nous jusqu'à ce que nous trouvions ses parents.

 

-  Pas vraiment l'endroit idéal pour un enfant, dit Christian.  Pourriez-vous me donner quelques minutes, je voudrais parler à mon épouse.

 

Quelques minutes plus tard, Christian et Carolle revinrent voir l'agent de police.

 

-  Monsieur l'agent, auriez-vous objection à ce que ce petit garçon reste ici en attendant que vous trouviez ses parents?  Après tout, il s'amuse bien avec nos fils et il va beaucoup s'ennuyer tout seul au poste.  Sans compter que vos collègues ont déjà assez de travail sans avoir à s'occuper d'un petit garçon égaré!

 

Le policier réfléchit un instant et acquiesca.

 

-  Vous êtes très généreux.  C'est d'accord.  Dès que nous avons des nouvelles, nous vous téléphonerons!

 

Et la porte se referma sur le policier.

 

 

Chapitre 4

 

Un coup frappé à la porte les fit tous sursauter.  Christian se hâta d'aller ouvrir.

 

-  Bonjour, leur dit l'agent de police, nous sommes venus chercher le petit garçon.

 

-  On a retrouvé ses parents?

 

-  Oui, nous devons le ramener au poste.  Quelqu'un doit venir le chercher.

 

 

-  Mais d'où venait-il finalement?  Et pourquoi s'est-il retrouvé dans notre auto?

 

-  Je n'en sais rien monsieur, répondit l'agent.  Tout ce que je sais, c'est que mon supérieur m'a demandé de venir chercher l'enfant et de le ramener au poste.

 

L'agent tendit la main vers le petit garçon.  Celui-ci, comprenant qu'on allait l'emmener, alla se réfugier derrière Carolle en tremblant.

 

 

-  Tu dois retourner chez toi mon chéri, tes parents doivent être terriblement inquiets!

 

Le petit garçon se pressa contre elle en étouffant un sanglot.

 

-  Ça va bien aller, tu vas voir, lui dit-elle.

 

Le coeur chaviré, elle regarda le petit garçon s'éloigner avec l'agent.  Elle ne comprenait plus rien.  Pourquoi réagissait-il ainsi?  N'avait-il pas hâte de retourner à ses parents?  Pourquoi ce regard de chien apeuré?  Les questions se bousculaient dans sa tête.

 

-  Maman, est-ce qu'il pourrait revenir jouer avec nous un autre jour?

 

 

-  Je ne crois pas mon chéri, tu vois, il s'était perdu, et maintenant les policiers ont retrouvé ses parents, alors il doit retourner chez lui.  Et on ne sait pas où il habite.

 

Durant les jours suivants, la vie reprit son cours normal.  Laurent et Simon se remettaient doucement de leur opération.  Ils avaient recommencé à manger un peu plus normalement.  Christian était retourné au travail et Carolle avait commencé son ménage du printemps.  Pourtant, rien n'était plus pareil comme avant.  Elle ne pouvait effacer de sa mémoire le regard désespéré de Gabriel.  Simon et Laurent parlaient souvent de lui.  Sans cesse, les mêmes questions la hantaient.

 

Pauvre Christian, il se rendait bien compte à quel point sa femme était tourmentée par toute cette histoire.

 

 

-  Allez, lui dit-il un bon matin, habillez-vous tous, nous allons au poste de police sans plus tarder.  Nous allons enfin en avoir le coeur net.

 

On les fit attendre de longues minutes, puis un officier leur demanda de les suivre.  Le sergent-détective en charge de ce dossier les accueillit chaleureusement.  Christian lui soumit la raison de sa visite.

 

-  Je suis désolé, mais, je n'ai pas le droit de divulguer de détails, étant donné qu'il s'agit d'un mineur...

 

-  Monsieur l'agent, l'interrompit Carolle d'un ton ferme, je sais bien que vous êtes tenu à la confidentialité, mais nous aimerions seulement savoir si cet enfant est retourné chez ses parents et s'il est en sécurité.  Il avait l'air vraiment terrorisé lorsque votre subalterne est venu le chercher.  Et il n'a jamais prononcé un seul mot.  Je suis une maman et je sais très bien que ce n'est pas un comportement normal pour un enfant.  Alors, je ne sortirai pas d'ici avant d'avoir été rassurée sur son sort!

 

Le sergent examina longuement Carolle qui le fixait d'un air décidé.

 

 

-  Écoutez, je vais faire quelque chose que je ne devrais pas faire.  Je vais vous donner l'adresse où vous pourrez avoir des nouvelles de l'enfant.  Mais je vous avertis, ceci doit rester entre nous.  Il y va de ma carrière.  En fait, je ne sais pas ce qui me pousse à faire ça, mais j'ai le sentiment que je DOIS le faire.

 

Il griffonna une adresse et un nom sur un bout de papier.  Émus, Carolle et Christian lui serrèrent la main sans mot dire.  Puis ils se mirent en route.  Quelques minutes plus tard, ils se garaient devant un immense édifice blanc.

 

Chapitre 5

 

Ils marchaient en silence, impressionnés par la sérénité des lieux.  On les conduisit jusqu'à un modeste salon.  Là, debout devant la grande fenêtre qui donnait sur le parc, se tenait la Révérende Soeur Marie des Fleurs.

 

Elle se retourna lentement et vint à leur rencontre, en boitant légèrement, vestige d'un corps usé par les années.  Elle n'était pas très grande, plutôt petite même, et un peu boulotte.  Dans son visage creusé par le temps, de petits yeux clairs qui reflétaient toute la bonté du monde.

 

 

-  Bonjour, vous avec demandé à me parler.  En quoi puis-je vous aider?

 

-  Nous aimerions avoir des nouvelles de Gabriel.

 

-  Gabriel?  Mais qui est Gabriel?

 

-  Enfin, les enfants l'ont surnommé Gabriel, mais nous ne savons pas son véritable nom.  Il s'agit du petit enfant qui s'est perdu il y a quelques jours.  C'est nous qui l'avions retrouvé.

 

 

Le visage de Soeur Marie s'éclaira.

 

-  Ah!  Je vois.  Asseyez-vous.  J'aimerais que vous me racontiez votre histoire depuis le début.

 

Carolle lui narra les événements et lui dit à quel point il lui avait semblé agir de façon étrange.

 

-  Il ne voulait pas parler, il semblait effrayé et ne voulait pas suivre le policier.  Toutes sortes de scénarios défilaient dans ma tête.  je me disais qu'il était peut-être battu ou maltraité.  C'est pourquoi nous avons insisté auprès du sergent-détective pour avoir de ses nouvelles.

 

 

-  Et, c'est lui qui a donné mon nom?

 

-  Oui...

 

Soeur Marie semblait hésiter sur la démarche à suivre.  Elle se recueillit quelques instants.

 

-  Suivez-moi je vous en prie!

 

Ils longèrent d'interminables couloirs.  On aurait dit un labyrinthe sans fin.  Nul bruit ne venait troubler ce monastère.  Même les enfants, qui n'avaient jamais mis les pieds dans un tel lieu, n'osaient prononcer une seule parole.

 

 

De temps à autre, ils croisaient une religieuse perdue dans ses prières.  Sur les murs, des cadres et des statuettes représentants différents personnages.  Et des fleurs, beaucoup de fleurs.  Vision étrange à cette période-ci de l'année!

 

Soeur Marie ouvrit la porte tout au fond d'un couloir dont les voûtes peintes en bleu donnaient l'impression de cheminer à l'entrée du paradis.  Christian, Carolle et les enfants, ébahis, regardaient l'immense jardin qui s'étendait devant eux.  Des fleurs, partout des fleurs.  Voilà donc le secret de tous ces bouquets dans les couloirs!  Plusieurs religieuses s'affairaient, qui à couper, qui à arroser.  Tout au fond, un groupe de religieuses s'entretenait avec quelques personnes.  Ce n'était pas des religieux, mais des gens tout à fait ordinaires.  Il y en avait tout plus une dizaine.  Parmi eux, un enfant à la blonde tignasse.

 

Le coeur battant à tout rompre, Carolle n'osait faire un pas.  Comme attiré par un aimant, le petit garçon regarda en sa direction.  Il se figea, les yeux écarquillés.  Puis un sourire immense se dessina sur son visage tandis qu'il courait se jeter dans les bras de Carolle, de Christian et des enfants.  Les larmes ruisselaient sur son visage d'ange et se mêlaient aux larmes de ses visiteurs.

 

 

Un peu plus tard, tandis que les trois enfants jouaient dans le jardin, Soeur Marie leur raconta l'histoire du petit garçon.

 

-  Il s'appelle Igor.  Il a 6 ans et il est d'origine biélorusse.  Il faisait partie d'un groupe de réfugiés clandestins qui s'étaient cachés dans la cale d'un bateau de marchandises dans l'espoir d'une vie meilleure en Amérique.  Malheureusement, les conditions de survie étaient minimes dans la cale.  Les vivres sont vite venues à manquer, l'air était quasi irrespirable.  Sur les cent vint-deux réfugiés, seuls une dizaine ont été sauvés in extrémis.  Et parmi eux, Igor.  Sa mère faisait partie du groupe.  Il y a deux mois de cela.  Depuis qu'il est arrivé ici, il n'a jamais prononcé un seul mot.  Mais le soir, lorsque toutes les lumières sont éteintes, je l'entend sangloter dans son lit.

 

Soeur Marie s'arrêta un instant, et se racla la gorge.

 

-  Le jour où il s'est "perdu", nous l'avions emmené à l'hôpital pour le faire examiner.  Il était dans une petite salle d'attente et s'amusait avec quelques jouets pendant que je discutais avec le médecin.  Environ une quinzaine de minutes plus tard, lorsque je suis retournée le chercher, il avait disparu.  J'ai alerté le médecin, nous avons cherché partout à l'intérieur et sur le terrain de l'hôpital.  J'étais certaine qu'il ne devait pas être très loin, il est très obéissant et reste toujours près de moi.  Finalement, au bout d'une heure de recherches, affolés, nous avons contacté le service de police.  Vous connaissez la suite.

 

 

Carolle et Christian étaient bouleversés par ce récit.  Pauvre petit.  Plus de maman, et tout seul dans un pays inconnu.  Et de plus, des gens qui lui parlent dans une langue si étrange!

 

-  Mais que va-t-il devenir de lui?  demanda Carolle.

 

-  Pour le moment, les autorités essaient de retracer des membres de sa famille en Biélorussie.  D'après ce que nous savons, son père est mort il y a quelques années, mais les autorités sont en contact avec un oncle.  Jusqu'à maintenant, c'est la seule personne qu'ils ont réussi à retrouver.  Et de plus, Igor et lui ne se connaissent pas.  Mais, si cet oncle veut l'adopter, nous n'aurons d'autre choix que de le retourner dans son pays.

 

 

L'heure du déjeuner allait sonner.  Carolle, Christian et les enfants devaient se résoudre à partir.

 

-  Auriez-vous objection à ce que nous venions lui rendre visite de temps à autre?  questionna Carolle.

 

-  Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée.  Il risque de s'attacher à vous et s'il doit retourner dans son pays, ce sera très difficile pour lui.  Mais n'hésitez pas à me téléphoner en tout temps pour avoir des nouvelles.  Ça me fait plaisir de voir que quelqu'un s'intéresse à ce pauvre enfant!

 

 

Ils firent donc leurs adieux à Igor.  Au moment de partir, Igor s'élança vers Carolle et lui cria:  "octatok".

 

Tout le monde fixa Igor avec étonnement.

 

-  Maman, papa, Igor a parlé, Igor a parlé!  s'écrièrent Laurent et Simon.

 

-  Mais qu'est-ce qu'il a dit, demanda Carolle, bouleversée.

 

Une des religieuses s'approcha doucement.

 

-  Il a dit:  "reste".  Je crois qu'il vous aime beaucoup.

 

Carolle prit le petit garçon dans ses bras.

 

-  Nous devons partir mon chéri mais nous reviendrons te voir.  Je te le promets.  Il faut que tu me promettes d'être bien sage.

 

La religieuse traduisit les paroles de Carolle à Igor.  Le visage de celui-ci s'illumina.  Il prit la main de la religieuse tandis que la famille s'éloignait et de son autre petite menotte, leur fit de grands signes de la main.

 

 

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Carole Perron

 

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