RETROUVER UN SENS À SA VIE

 

Puis, je suis passée à une autre étape.  De plus en plus souvent, mes réveils n'étaient plus aussi difficiles et le coup de poing au front s'est transformé en "pichenotte".  Cela m'agaçait encore mais c'était moins douloureux.  Par ma fenêtre ouverte, je réentendais le chant de l'oiseau et je ne l'appelais plus l'oiseau de malheur.  J'ai recommencé à être plus coquette et à prendre soin de ma personne.

 

Mon médecin Paule, m'a conseillée de rencontrer un massothérapeute.  Par des massages, je me réappropriais mon corps et le fait d'être touchée me réconciliait avec lui.  Je délaissais le ciel pour m'ancrer à nouveau à la vie terrestre.  Mes muscles se dénouaient et les blocages par le fait même.  J'ai ressenti le besoin de me faire pousser les cheveux, de me faire donner de l'Énergie du Reiki.  J'ai aussi été initiée au Reiki, force de vie.  Je me suis ouverte à d'autres réalités.  J'étais en processus de guérison et je voulais mettre toutes les chances de mon côté.  Soigner mon corps, mon âme et mon coeur! 

 

C'est aussi grâce au Reiki que j'ai intégré ces règles.

 

 

AUJOURD'HUI, NE T'IRRITE PAS.

AUJOURD'HUI, NE TE FAIS PAS DE SOUCI.

HONORE TES MAÎTRES, PARENTS ET AÏEUX.

GAGNE TA VIE HONNÊTEMENT.

SOIS RECONNAISSANT ENVERS TOUT CE QUI VIT.

 

 

En septembre 1997, j'ai vécu de beaux moments en publiant mon Livre.  J'ai assisté comme auteur à deux salons du Livre et j'ai rencontré des personnes extraordinaires.  Des êtres qui m'apportaient beaucoup par leurs écrits.  Enfin, j'avais la chance de leur parler face à face et de me rendre compte que ces personnes étaient des êtres sensibles et qui me ressemblaient dans leur démarche de compréhension...  Ces personnes me ressemblaient aussi dans leur désir de communiquer aux autres leur propre compréhension face à la vie.  Des personnes, qui comme moi, avaient besoin de décrire les maux avec les mots du coeur.  La lecture a été et est encore une grande source où je vais puiser l'eau vive de la guérison intérieure. 

 

Avec le temps, j'ai donné quelques conférences.  Je suis retournée à l'université pour quelque temps.  J'ai été intervenante durant quelques années dans un organisme communautaire.  Je me suis inscrite à une formation d'intervenante en alcoolisme et toxicomanie.  Je voulais comprendre pourquoi autant de jeunes fuyaient dans la drogue et pourquoi autant de suicides.  Je voulais tout savoir et comme je suis une vraie "furette" et qu'il faut que je sache vite...   bien, j'ai pris le taureau par les cornes comme on dit.  J'ai suivi des cours pour comprendre les méandres de la nature humaine.  J'ai encore bien des choses à apprendre et je ne suis pas une spécialiste mais au moins j'ai trouvé des réponses à mes nombreux questionnements.   Et l'être humain me fascine de plus en plus.

 

En étant intervenante, j'ai reçu beaucoup de confidences et cela me valorisait d'aider.  J'ai animé une série d'ateliers RÉAPPRIVOISER LA SOLITUDE APRÈS UNE ÉPREUVE.  J'ai monté moi-même cet atelier et j'ai aussi beaucoup appris en le préparant.  Mais, ce qui m'a le plus aidée fût d'écouter des personnes en souffrance avec empathie.  Je me suis rendue compte que je n'étais pas la seule à vivre de dures épreuves.  Dans mon petit bureau j'en ai entendu des vertes et des pas mûres...

 

J'ai aussi beaucoup créé de mes mains.  J'ai appris à peindre, à dessiner, à faire des choses assez jolies.  La créativité est une grande dame.  Elle nous démontre qu'avec des petits riens on peut faire de l'Art...  En douceur, Dame Créativité nous fait réinventer un monde à notre mesure. 

 

Bien sûr, j'ai continué à m'occuper des enfants et à prendre soin de la maison.  J'étais de plus en plus patiente et mon coeur s'ouvrait de plus en plus à eux.  Ils n'étaient pas mes propres enfants et j'en voulais beaucoup à la mère de ne pas participer plus souvent à leur éducation.  Mais, celle-ci demeurait loin et elle avait sa propre vie à mener.  Elle avait pour son dire que si j'avais accepté d'appuyer mon mari pour avoir la garde légale des enfants...  bien j'avais juste à continuer.  Je n'ai senti aucune empathie et compassion venant d'elle.  Quand je lui ai annoncé que ma fille était décédée:  Vivement, elle m'a répondue :  "Tu vas savoir ce que c'est que de perdre un enfant!"  Je ne m'attends plus à rien de cette personne en souffrance et en recherche d'elle-même.

 

  J'ai recommencé à recevoir des gens et nous partagions autour d'un bon plat.  Souvent, je suis tombée dans la démesure et le vin me montait un peu trop à la tête.  Je fuyais un peu trop souvent dans la consommation de vin et de bière je l'avoue mais j'en ressentais le besoin.  Le problème c'est que je prenais encore trop souvent des anxiolytiques et le mélange n'était pas fameux.  Je ne le conseille pas à personne mais comme je suis honnête je vous l'avoue!  Pas bon du tout de mélanger et soyez sur vos gardes si vous le faites...  Rien ne sert de "geler" ses émotions car le lendemain matin...  la peine est toujours là et agrémentée d'une migraine en plus!  L'alcool est loin d'aider une personne en dépression et médicamentée en plus... 

 

En août 1998, le fils aîné de mon mari a eu un grave accident.  Il venait d'avoir l7 ans.  Il aurait pu y laisser sa vie mais il est resté vivant.  Merci Mon Dieu!  Je me demande comment nous aurions faits mon mari et moi, pour passer à travers un second décès.  Notre grand garçon est resté "quadriplégique" mais nous étions heureux tout de même qu'il soit en vie.  Nous ne savons pas trop où nous avons trouvé les forces pour l'accompagner durant ses 11 mois d'hospitalisation et de réadaptation mais, je crois que c'est parce que nous avions enfin RETROUVÉ UN SENS À NOTRE VIE.  Que nous n'avons pas refusé l'aide offerte par nos proches et par nos ami(e)s...  Il ne faut pas avoir d'avouer que nous avons besoin d'aide!

 

La grande épreuve vécue lors du décès de ma fille me fait dire aujourd,hui que LES GRANDS MALHEURS FONT FLEURIR LES PETITS BONHEURS.  Notre fils était vivant et tant qu'il y a de la vie il y a de l'Espoir.  Aujourd'hui, nous sommes fiers de notre champion qui est très autonome malgré son handicap sévère...

 

Oui, REDONNER UN SENS À SA VIE c'est le secret pour s'en sortir.  Le passé on ne peut pas le refaire mais l'avenir est fait de plein de petits bonheurs accumulés au temps présent.  Peu importe l'activité ou l'action...  l'important c'est le sens à donner à notre vie qui a été bien malmenée par le départ de l'être cher.